En septembre prochain, M. C et Mme L expérimenteront…

Le 16 septembre 2014 au matin, M. C et Mme L se rendront à Mériadeck comme d’habitude… vraiment ? schéma expéChapitre 1 : en amont du trajet

Monsieur C. habite aux Aubiers et désire se rendre à Mériadeck comme à son habitude. En consultant le site internet TBC, il voit, sans trop y prêter attention, une information au sujet d’une expérimentation. Il ne cherche pas à en savoir plus et évacue immédiatement l’information, mais celle-ci reste dans un petit coin de son subconscient, ne demandant qu’à être réactivée à la prochaine occasion. Il part de chez lui, et se dirige vers la station de tram Les Aubiers, sur la ligne C, direction Terres Neuves. Il a pour dessein, en ce jour de septembre comme un autre, d’effectuer son trajet habituel : changement à Porte de Bourgogne pour la ligne A, direction Mérignac, et arrêt à Mériadeck. Arrivé à la station, il aperçoit un nouveau plan qui lui semble adressé : « Vous allez Mériadeck ? »  Curieux, il prend connaissance de l’information : ce serait plus rapide de faire un changement à Quinconces, de prendre la B et de descendre à Gambetta pour finir à pied. Le tram arrive. Intrigué quoique sceptique, il y monte sans être convaincu par ce qu’il vient de voir. 

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Chapitre 2 : dans le tram

Monsieur C. est maintenant dans un tram de la ligne C. Habitant en début de ligne, il bénéficie souvent d’une place assise et peut confortablement lire ses romans policiers. Observateur, il remarque une nouveauté dans son paysage pendulaire quotidien : des petits bonshommes dessinés semblent se promener sur les lignes du voussoir. Atteint de myopie, il met ses lunettes et décrypte une information à propos d’une « zone de correspondance piétonnière » entre les stations Hôtel de Ville, Mériadeck et Gambetta. Perspicace, il fait le lien avec le plan des Aubiers qui lui proposait de changer aux Quinconces pour descendre à Gambetta. D’un naturel pourtant peu aventureux, il prend alors la décision de suivre ces conseils, guidé par l’adage qui veut que le hasard ne se manifeste jamais deux fois, et persuadé que « jamais deux sans trois ». C’est donc avec la satisfaction de celui qui a flairé le bon coup qu’il retrouve le plan « Vous allez à Mériadeck ? » sur le quai de la ligne B des Quinconces, direction Pessac. Il lui est conseillé de descendre à Gambetta pour marcher jusqu’à sa destination, le tout pour à peine plus d’une dizaine de minutes. Le tram arrive, et Monsieur C. jette automatiquement un coup d’œil au voussoir. Les petits bonshommes sont toujours là. Deux arrêts plus loin, le tram approche de la station Gambetta. Soudainement, la petite voix si familière, celle qui lui indique le nom des stations à chaque arrêt, qu’il entend tous les jours sans plus s’en rendre compte semble dérailler : « correspondance à pied vers Mériadeck, départ imminent ». Monsieur C. descend du tram, au comble de l’excitation.

Madame L. prend tous les jours le tram à Barrière Saint-Genès, ligne B, pour se rendre à Mériadeck en changeant à Hôtel de Ville. Debout dans la rame, elle est à côté d’un groupe de touristes britanniques (ou américains, elle ne fait pas la différence) dont le niveau sonore et le promiscuité la gênent, en ce mois de septembre inhabituellement chaud (si seulement il avait fait aussi beau en août…). Elle est toutefois intriguée par un « what is that ? » du fils ainé et par l’attroupement de toute la famille autour du voussoir. Elle y aperçoit des petits personnages dessinés et l’indication d’une » zone de correspondance piétonnière » entre les stations Hôtel de Ville, Mériadeck et Gambetta. Elle n’y prête pas vraiment attention et continue de grommeler. Arrivée à Hôtel de Ville elle entend une voix lui indiquer une « correspondance à pied vers Mériadeck, départ imminent ». Bien que légèrement surprise, elle est pressée et décide de poursuivre sa correspondance, au grès des bousculades dont elle s’est accommodée avec le temps. La tête baissée et le pas rapide, elle se dirige vers le quai de la ligne A. 

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Chapitre 3 : à la station

Sur le quai de la station Gambetta, Monsieur C. remarque, sous le panneau d’indication des temps de passage du tram, un second panneau lui exposant le temps de marche. « 8 minutes, se dit-il en regardant sa montre, c’est largement dans mes cordes ». Mais ce qui attire son attention, c’est le plan fixé à la vitre de la station, qu’il n’avait jamais vu jusqu’à présent. Attendant poliment son tour, il se met à scruter cet objet si singulier qui, il le comprend assez rapidement, représente différents trajets pour se rendre à son lieu de destination. « C’est incroyable, j’ai l’impression que tout ceci est fait pour moi, se dit-t-il. Tiens ! c’est vrai que je n’ai jamais pensé passer par là… c’est vrai que c’est beaucoup plus rapide par la Porte Dijeaux ! ». Il relève la tête, jette un regard à droite, puis un à gauche pour se repérer, observe à nouveau le plan et décide d’y aller.

Sur le quai de la station Hôtel de Ville, Madame L. lève la tête pour regarder, machinalement, le panneau d’affichage des prochains passages de tram. Pffff… 6 minutes… Elle aperçoit alors, sous le panneau, un second dispositif qui lui fait immédiatement penser, par son aspect, aux dessins du voussoir. Elle y lit qu’elle peut se rendre à Mériadeck en 8 minutes en marchant, alors qu’en attendant le prochain tram, elle n’y est pas avant une dizaine de minutes. « Il fait beau, en plus, se dit-elle. Et puis je vais encore être toute serrée dans le tram… ». Elle remarque alors un plan dont le chapeau indique, comme sur le panneau, « Vous allez à Mériadeck? ». Elle s’approche et se met à le décrypter. « Vous allez à Mériadeck? » Elle se retourne. C’est bien à elle que ce jeune homme s’adresse. 

 

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Chapitre 4 : à la découverte de la ville

Ayant pris la décision de marcher, Monsieur C. passe devant un jeune homme distribuant des prospectus dont il reconnaît l’aspect et se doute qu’il s’agit là encore d’un indice dans l’enquête qu’il a l’impression de mener depuis maintenant une dizaine de minutes. Par timidité, il récupère le papier sans oser en demander davantage, mais le jeune prend l’initiative et lui explique quelque chose à propos d’une expérimentation. Il lui présente le plan, lui explique rapidement son décryptage (Monsieur C. avait déjà bien compris mais laisse son interlocuteur finir)  et lui montre notamment les petites vignettes qui représentent des situations types du trajet. Monsieur C. opte pour un trajet par la Poste Mériadeck via la Place Gambetta et remercie le jeune homme. Il se dit que ces lignes de marche sont une idée intéressante même s’il est tenté de les transgresser et de mélanger les parcours.

Le jeune homme de la station Hôtel de Ville explique à Madame L les avantages qu’il y a à terminer son trajet à pied. Il lui montre une carte représentant les parcours et les temps de marche détaillés, lui indique le sens à prendre et lui dit que ce serait dommage de ne pas en profiter, surtout avec le temps qu’il fait. Séduite tant par ses arguments que par son engouement, elle décide de suivre ses conseils et quitte la station carte en main. Quelques minutes plus tard, alors qu’elle arrive à Mériadeck, elle se retourne et voit le tram arriver derrière elle. « Il a l’air plein à craquer ! J’ai bien fait ! ». En reprenant sa direction initiale, son regard butte sur une silhouette familière. Monsieur C l’avait aperçue depuis quelques secondes déjà et se dirigeait vers elle. Ils identifient simultanément la carte de l’autre et sourient de la situation. Ils achèvent le trajet ensemble, vers leur lieu de travail commun en prenant soin, comme depuis plusieurs mois, de ne pas éveiller les soupçons. 

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Du 16 au 22 septembre 2014, dans le cadre de la Semaine européenne de la Mobilité, l’expérimentation Marche à Suivre s’installe à Bordeaux centre, entre les stations de tram Hôtel de Ville, Mériadeck et Gambetta. Soyez prêts à changer vos habitudes…      

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